Innocence 2

Publié par fredix Mar 14 déc 2004 22:23:26 GMT

Par contre niveau scénario cela n’a rien de transcendant. On sent fortement, si c’est plus que Batou lui même, l’abscence du major Kusanagi. Oshii insiste lourdement sur ses propres références (le chien). Même si l’on se doute qu’il a une signification particulière dans chacun de ses films, je pense que cette réfèrence pourrait prendre différentes formes, histoire d’être un peu plus subtil.

C’est sans doute ce qu’il manque un peu à Oshii, de la subtilité. On se prend à réver à Blade Runner, qui ressasse les mêmes thèmes mais avec un pouvoir d’imagination autrement plus puissant. Dans Blade Runner l’environnement sert à créer une atmosphère, opaque, lourde, inquiètante, il ne pèse jamais. Lorsque Roy Batty (Rutger Hauer, celui qui fait oublier Harrison Ford), parle : J’ai vu des vaisseaux en flammes sur le Baudrier d’Orion, j’ai vu des rayons fabuleux, des rayons C briller dans l’ombre de la porte de Tannhäuser, lors de sa fin, lorsque l’émotion et l’atmosphère sont à leur paroxisme, alors on les voit ces vaisseaux, plus que n’importe quelle image de synthèse ne pourra le faire[1]

Oshii, en appuyant lourdement sur les monuments en vient presque à gacher ceux-ci. On sent que les infographistes se sont fait plaisir, au dépend d’une liaison avec un scénario qui aurait mérité un peu plus d’émotions. Ce n’est pas Batou qui va nous faire pleurer ! :)

En tous les cas, Oshii dépasse de loin les réalisateurs actuels et c’est certainement celui qui arrive le mieux à représenter l’univers du Maître William Gibson, ce qui n’est pas rien…

A ceux qui ont découvert la Matrice avec le machin Matrix, et qui ne comprennent rien aux films de Mamoru Oshii, je vous conseille la lecture du Pape du mouvement Cyberpunk, celui qui en est la source : Neuromancien. Ecrit en 1984 et toujours en avance sur ce que le cinéma essaye d’adapter.

ps : j’ai reçu les CD de Ubuntu ! c’te classe !! Si vous voulez voir ces collectors que l’on peut encore commander GRATUITEMENT et qui sont livrés GRATUITEMENT cela se passe

Notes

[1] Ce film et cette scène, m’a marqué au fer rouge au point de passer des heures quand j’étais ado sur Elite (oui oui la version fil de fer en k7) et plus récement sur homeworld (grâce au portage Linux).

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Commentaires

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  1. Avatar
    Girofaryon about 1 month plus tard:

    Bon, autant dire qu’on peut ne se sentir que mollement concerné par la recherche du niveau d’humanité dans un être-machine, une “poupée” comme ils les appellent dans le film. Ni vraiment accrocher à l’intrigue pseudo-policière. Le mélange de citations et de sagesse orientale et occidentale le long du scénario sont cependant intéressantes.

    Pourtant, Innocence, il faut le voir, et j’y aurait trouvé mon compte rien que pour quelques scènes de pure image : - La genèse du cyborg, au générique du début. - La scène de vol en aéronef. Sans doute celle qui évoque le plus Blade Runner. - Et surtout : la scène du carnaval dans la cité…(je ne sais plus comment ils l’appellent). L’approche de la cité elle même est extraordinaire. Une cathédrale fantastique pour laquelle j’oserais le néologisme improbable de “mégathéadrale”. Quant au carnaval, c’est un concentré d’énergie, de couleurs, de détails, un truc fabuleux.

    Avalon reste cependant AMHO inégalé. Il en faut bien pour tous les gouts…

  2. Avatar
    fredix 2 months plus tard:

    J’adore ton ””mégathéadrale” :) Cela résume bien le style théatrale de cette scène.

    ps : je viens de lire ton commentaire 1 mois après … fredix toujours aussi réactif.

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