Grande nouvelle, Apple a annoncé enfin un App Store pour les MacOSX. C’est une des fonctionnalités qui ont fait le succès de l’iPhone et il est heureux de voir que cela est pris en compte pour les ordinateurs de bureau.
Je n’ai pas retourné ma veste, je suis toujours un inconditionnel de GNU/Linux et je ne suis pas prêt de changer, hormis de distribution ou lorsque Haiku intégrera un gestionnaire de dépôts.
Je suis heureux car un des arguments qui ont poussé le web à remplacer petit à petit les applications natives est l’absence d’installation. Or le succès de l’Apple Store sur iPhone démontre que les utilisateurs sont plus attirés par les applications natives que web. Je ne vais pas me répéter, cette démonstration est détaillée dans mon précédent billet Desktop 2.0.
Il reste à Microsoft de sortir de sa grotte dans laquelle il est entré en 1990, pour enfin proposer leur dépôt de logiciels.
Je suis heureux de ces avancés chez les concurrents, car j’ai l’espoir que cela facilite le téléchargement et donc l’usage des applications natives. En effet je déplore la systématisation du web d’autant plus sur des domaines où il n’est clairement pas adapté.
Par effet de bord cela pousse au remplacement des ports dédiés par l’usage systématique des ports 80 et 443. Exemple l’assèchement des newsgroups vers des forums web.Utiliser le port 80 fourni un semblant de sécurité à l’administrateur système, ayant moins de ports à gérer sur ses firewall. Mais c’est un très mauvais usage, car de fait la gestion de la qualité de service (QoS) et éventuellement du filtrage devient très compliqué à effectuer.
Pour l’utilisateur c’est une régression totale. L’application native offre une parfaite intégration au bureau et permet la communication avec d’autres applications lancées par lui. En web rien de tout cela, l’application tourne dans un onglet du navigateur, ce qui est au final beaucoup moins pratique pour la retrouver. Il faut oublier l’intéraction avec le bureau, il y a bien quelques gadgets comme les notifications en HTML5 qui est encore très loin d’être utilisé, ou bien via des extensions ce qui revient à … télécharger des applications !
Dernier point important, ces markets facilitent l’achat d’applications. En centralisant le paiement, l’utilisateur peut acheter et télécharger l’application en 2 ou 3 clics. Inutile de sortir d’une grande école de commerce pour y voir l’avantage sur l’ancien modèle physique où il faut se rendre chez un distributeur y acheter sa boite… De même pour les achats numérique ou il faut se rendre sur le site de l’éditeur et soit lui donner ses informations de carte bleue soit avoir un compte Paypal, on est loin de la facilité et la sécurité d’un store centralisé. Le succès du store dédié au jeux, Steam est aussi un autre exemple de l’intérêt de ce sytème pour les éditeurs et les utilisateurs.
Canonical est le seul éditeur GNU/Linux qui souhaite développer un marché basé sur des applications payantes. En effet même si techniquement GNU/Linux possède depuis de nombreuses années des dépôts rien a été fait pour le transformer en "market" afin d’y développer un marché économique. Il faut bien avouer que les Linuxiens ont un rapport particulier avec l’argent, proche du tabou sexuel…Canonical, dont Mandriva aurait bien fait de s’inspirer il y a lontemps, souhaite donc démontrer qu’une économie de marché est possible dans un environnementGNU/Linux et je souhaite très fortement qu’ils y arrivent. D’une part pour qu’il y ait des éditeurs sur ce marché, donc des emplois, et des logiciels natifs. Même si ces nouveaux logiciels ne seront pas dans leur majorité libre, quelle importance si cela intéresse des utilisateurs ? De plus rien ne dit que des développeurs de logiciels libres ne puissent pas bénéficier de donations par le biais de cet app store et pourquoi pas en vivre ! On peut également rêver que Canonical fournisse une API afin de pouvoir effectuer des dons directement depuis le logiciel, avec un prélèvement moindre que Flattr ou Paypal
Pour finir voici l’annonce de Guild software, éditeur du jeux propriétaire et multiplateforme Vendetta Online, qui va utiliser l’app store d’Ubuntu. Par contre aucune information sur la possibilité de payer l’abonnement mensuel directement depuis l’app store.
- Vendetta Online on Ubuntu Linux - For the last few months we've been working with Canonical, the company behind Ubuntu Linux, to be one of their featured products in the new Software Center being rolled out as part of the Ubuntu 10.10 "Maverick Meerkat" release. This Software Center will basically bring app-store type functionality to Linux, something that could greatly help the platform in gaining acceptance as a desktop OS, and allow easy access to a variety of software that exists outside the open-source world (such as commercial videogames). Vendetta Online should appear in the new Software Center sometime next week. We were intended to be a debut partner with the OS launch (on10/10/10), but a few delays popped up here and there; those have now been addressed and we're confident you'll see our title appear there in the near future.